Voici ce qu'Ernest Dupont, chroniqueur d'Arcachon
Journal écrivait le 19 mars 1899 à propos de la
comparaison entre la corrida et la course landaise :
"On dira peut-être que la course landaise ne supporte pas la
comparaison avec la course espagnole ; mais, si l’on dit
cela à un Landais, je vous assure que celui-ci vous convaincra du
contraire. L’art tauromachique des toreros est tout-à-fait
inférieur à l’art des écarteurs landais, pour les
connaisseurs de Mont-de-Marsan, de Dax et de Saint-Sever. Il faut
avoir assisté à une course donnée sous le soleil de la Chalosse,
avoir entendu les jugements de l’aréopage en béret, après une
feinte de Marin, de Candau, Mouchez ou Daudigeos, pour avoir une
idée de l’enthousiasme mental excité par la corrida sur les
masses populaires. Car, là-bas, le petit vacher qui parcourt la
lande avec ses échasses de sept lieues est aussi connaisseur que
son compatriote le sénateur, le député ou le docteur, sur
l’écart. Il a dans le sang la mathématique du geste, et, sans
avoir jamais appris, il peut impunément sauter dans l’arène
pour écarter le bétail."
Bon, d'accord, tous les Landais ne sont certainement pas capables
de sauter comme ça, à commencer par moi... Mais le discours me
semble encore d'actualité dans son analyse sociologique.




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